Voici ce que l’on sait aujourd’hui, ce que cela implique pour une usine ou un entrepôt, et comment s’y préparer sans précipitation.
Un déploiement progressif par catégories de produits
Le passeport numérique produit découle du règlement européen ESPR sur l’écoconception, entré en vigueur en 2024. Il ne s’applique pas à tous les produits le même jour. La Commission européenne procède par catégories, chacune faisant l’objet de son propre acte précisant les données à fournir.
Le plan de travail 2025-2030 place en tête les produits intermédiaires très présents dans l’industrie, comme l’acier et le fer, avant d’élargir à d’autres familles telles que le textile, l’ameublement ou les produits de construction.
Les calendriers précis de ces catégories restent à confirmer, ce qui invite à suivre l’actualité de votre secteur plutôt qu’à retenir une date unique.
Les batteries ouvrent la marche du passeport numérique produit
Le premier passeport obligatoire concerne les batteries et relève du règlement européen 2023/1542. À partir du 18 février 2027, il s’appliquera aux batteries de véhicules électriques et aux batteries industrielles de capacité supérieure à 2 kWh.
Chaque batterie devra disposer d’un identifiant unique, relié à un passeport consultable grâce à un QR code. Ce cas sert de modèle pour les catégories suivantes, car il montre concrètement ce que l’on attendra des fabricants.
Ce qu’un passeport numérique produit doit contenir ?
Dans le cas des batteries, les informations couvrent :
- l’identité du produit (fabricant, chimie, capacité, date de fabrication),
- son empreinte carbone,
- la part de matières recyclées,
- la composition et l’origine des matières critiques,
- ses performances dans le temps,
- les consignes de démontage et de recyclage.
L’accès à ces données est gradué : certaines sont publiques, d’autres réservées aux réparateurs et recycleurs, d’autres encore aux autorités de contrôle.
Côté identification, le passeport s’appuie sur les standards de GS1, notamment GS1 Digital Link, qui permet de relier un code imprimé sur le produit à ses données en ligne.
Le QR code est le support retenu pour les batteries, mais selon les produits et leur environnement d’usage (chaleur, poussière, marquage direct sur le métal), d’autres supports peuvent être pertinents, comme le DataMatrix, le marquage direct sur pièce, le tag RFID ou le NFC.
Le bon choix dépend de vos produits et de vos contraintes, pas d’une règle générale.
Pourquoi tout se joue sur la ligne de production ?
On imagine souvent le passeport comme un sujet de fin de chaîne : une étiquette, un QR code, un rapport.
En réalité, la plupart des informations demandées naissent pendant la fabrication, au moment où un lot de matière entre sur une machine, où un composant est monté, où un contrôle est réalisé.
Pour les restituer plusieurs années plus tard, il faut avoir identifié chaque produit de façon unitaire, collecté la donnée au fil de l’eau, relié vos machines à votre ERP et à votre MES, et conservé l’historique des événements.
Cette dernière étape dispose d’ailleurs de son propre standard : EPCIS 2.0, développé par GS1, qui sert à enregistrer et partager les événements de traçabilité (quel produit, à quel endroit, à quel moment, pour quelle opération) dans un format commun entre les acteurs d’une chaîne.
Un ERP associé à des tableurs saisis à la main atteint vite ses limites dès qu’il faut prouver, pour un produit précis, ce qui s’est passé et le partager avec un client, un recycleur ou une autorité.
Comment s’y préparer, concrètement
La démarche la plus saine consiste à vérifier d’abord si vos produits relèvent d’une catégorie déjà programmée, puis à regarder où votre traçabilité actuelle s’interrompt : étiquetage non unitaire, saisies manuelles, machines non connectées, données dispersées entre plusieurs outils.
C’est à ces endroits que se jouera votre capacité à produire un passeport fiable. Il est préférable de les traiter par étapes, en commençant par les produits les plus exposés.
L’approche de JAM France
Chaque site a ses machines, ses cadences et ses contraintes. C’est pourquoi nous ne proposons pas de solution standard. Nous partons de votre terrain pour sélectionner le matériel, intégrer les logiciels et construire un environnement de traçabilité qui évoluera avec la réglementation.
Identification et étiquetage, sérialisation, collecte de données, interconnexion des machines, suivi de production en temps réel : nous accompagnons chacune de ces étapes, avant, pendant et après le projet, avec une équipe à taille humaine qui reste votre interlocuteur unique.
Vous vous demandez si vos produits seront concernés, et à quelle échéance ? Contactez-nous pour en parler.
Lionel Becquet, PDG de JAM France, et toute son équipe sont à votre disposition.
JAM France, la traçabilité pensée pour le terrain.
De la sélection du matériel à l’intégration, JAM France accompagne les entreprises dans la construction et l’évolution de leur environnement de traçabilité.
Article réalisé par Coraline Fonteneau Delannée

